Chronique de Changsha / A column about Changsha 长沙

Le contrôleur nous donne un coup de poing dans les pieds pour nous réveiller et nous voilà à 4h du matin à la gare de Changsha (长沙)…Mais nous transpirons déjà et le parvis de la gare est bien animé à cette heure matinale…Au lever du soleil, j’amorce une première excursion derrière la gare, où je découvre une rue entière de fabrication d’enseignes géantes.

The ticket collector gives a punch in our feets to wake us up, and there we are : 4h in the morning at the Changsha (长沙) train station…But we are already sweating and the station’s square is very lively for such an early hour…At sunrise, I begin a first excursion behind the station, where I discover a whole street of giant shop-sign manufacturers.

En arrivant à Changsha, je me disais que rien ne ressemble plus à une ville chinoise qu’une autre ville chinoise. C’est en partie vrai, d’autant plus lorsque l’on n’a pas de plan de la ville en question, que l’on ère et qu’on s’y perd…Mais il ne faut pas se fier aux apparences…Changsha est une ville de province, un peu plus à l’intérieur de la Chine et on sent nettement que les gens sont moins habitués à voir des étrangers qu’à Guangzhou. A notre vue, les uns rient, les autres font les yeux ronds, certains nous montrent du doigt, un enfant voit Fidel et crie « un fantôme ! »…

When we arrived in Changsha, I was telling myself that nothing resembles more to a Chinese city than another Chinese city. It is partly true, all the more so as you don’t have the map of the city in question, you wander and you get lost…But it is better not to go by appearances…Changsha is a provincial town, more in the internal part of China and you clearly feel that people are less used to see foreigners than in Guangzhou. When the see us, people laugh, others are wide-eyed with astonishment, some of them point us, a children sees Fidel and shouts : “a ghost!”…

Nous avons marché longtemps sous les rayons cuisants du soleil, cherchant en vain une rue dont nous ne connaissions que le nom en pinyin : Hualongchi, et dont nous savions qu’elle abritait de nombreux bars…Il est 8h du matin, Fidel interroge plusieurs locaux « Savez-vous où se trouve Hualongchi, une rue pavée où l’on peut boire de l’alcool ? », mais personne ne parvient à nous renseigner avec exactitude. Nous suivons donc une avenue sans fin, au bout de laquelle un pont nous permet de traverser une route à 8 voies, nous marchons encore et encore…Nous finissons par prendre un bus avant d’atteindre une rue où un hôtel veut bien nous prendre (tous les hôtels ne prennent pas les étrangers en Chine !).

Nos 4 petites heures de sommeil passées dans le train commencent à se faire sentir, la fatigue rend la chaleur assez insupportable. Nous tentons malgré tout une virée dans les rues de la ville et nous échouons dans la fraîcheur d’un parc abritant un petit joyau d’architecture. Quelques hordes de touristes chinois bravent également l’écrasante chaleur, chacun portant son petit appareil numérique et nous regardant avec insistance. Certains essayent de nous « voler » quelques photos, enfin…surtout à Fidel, qui tente d’échapper avec difficulté aux objectifs. Mais cette fois-ci ils étaient trop nombreux, quelque chinois aura bien réussi à capturer l’image du Fidel dans sa carte mémoire…

We walked for hours under the burning sun, looking in vain for a street for which we only knew the name in Pinyin: Hualongchi, and we also knew that there were a lot of bars there…It is 8 p.m., Fidel is asking to local people “Do you know where is Hualongchi, a paved street where you can drink alcohol?”, but no one manages to give us a precise answer. So we follow an endless avenue, after two or three kilometers we arrived on a bridge crossing an eight-lane highway, we walk over and over again…Finally we take a bus and we reach a street where an hotel accepts us (all the hotels don’t accept foreigners in China!).

Our four little hours of sleep in the train begin to show their consequences, tiredness makes heat quite unbearable. Regardless, we try a little walk through the city and we beach in the fresh air of a park housing an architectural jewel. Some packs of Chinese tourists are also braving the sweltering heat, each of them wearing his digital camera and looking at us insistently. Some of them attempt to “stole” us some photos, more precisely…they attempt to “stole” photos of Fidel, who tries to escape, with difficulties, to the objectives. But, this time, there was too many of them, one of them probably reachs to capture Fidel’s image in his memory card…

 

A la faveur de la fraîcheur nocturne, nous explorons les quais de la Xiang (湘江, Xiang jiang), la rivière traversant Changsha. Nous découvrons un lieu d’intense vie sociale : on y fait de la gymnastique, on y joue aux cartes, aux échecs chinois, on y joue de la musique. Beaucoup de personnes âgées viennent ici passer le temps…En Chine, la maison de retraite se passe ici, autour d’un plateau de mah-jong ou chantant au son du er’hu…J’ai été complètement conquise par cette harmonie collective, où chacun participe aux activités de tous, sans honte et sans artifices. Cette atmosphère se retrouve dans beaucoup d’endroits publics en Chine, en particulier les parcs. Les activités collectives les plus fréquentes sont la gymnastique et la danse. Un poste de musique, une meneuse de danse et tous suivent, par dizaines, esquissant les mêmes gestes dans un flot harmonieux.

Nous avons filmé un peu de l’ambiance des quais de Changsha, ici avec un joueur de er’hu 二胡 accompagné d’un chanteur:

Plus loin, des joueurs de er’hu 二胡, de suona 唢呐, de dagu 大鼓 (tambour chinois) et un chanteur: 

Ici, ce sont des nains qui dansent sur le chant d’une jeune fille aveugle: 

Plus tard, un er’hu 二胡  joue des mélodies célèbres sur lesquelles chacun peut venir prendre le micro et chanter: 

Pour les plus jeunes, la vie nocturne se passe davantage dans les bars et boîtes de nuit des quartiers commerçants et animés. On y passe principalement de la house et de la musique techno américaine, parfois un tube chinois aux sons lourdement synthétisés…La qualité musicale peut laisser à désirer. Nous nous asseyons à la sortie d’une boîte de nuit et observons un peu sa population : relativement jeune (17-20 ans) et alcoolisée (les chinois, lorsqu’ils boivent, ils boivent beaucoup !), les filles qui ne tiennent pas du tout, mais alors pas du tout l’alcool, les tenues vestimentaires : la minijupe est de mise en Chine, elle se décline à l’envi et les chinoises n’ont pas froid aux yeux, elles osent tout et font preuve d’une grande inventivité dans leurs assemblages.

Enfin le soir, il y a aussi celles et ceux qui travaillent : les taxis, les vendeurs de fruits et légumes, les serveurs et les serveuses…Nous avons terminé un soir en compagnie du patron du restaurant dans lequel nous dînions ; celui-ci nous proposa de nous faire une cérémonie du thé. Un moment fascinant durant lequel il nous expliqua, pour chaque thé qu’il nous faisait goûter, la particularité des feuilles, la façon de les préparer, le prix par rapport au nombre d’année et à la récolte des feuilles, etc. Derrière son fauteuil, une grande pierre dans laquelle des fleurs de lotus sont fossilisées. Cet homme paraît fortuné – il possède 4 autres restaurants en Chine – cultivé et cherchant à faire connaître la culture chinoise aux deux étrangers que nous sommes. Il n’a qu’une trentaine d’année.

Le lendemain, en quête de café, nous entrons dans une boulangerie tenue par une allemande. Surprise mutuelle, il est rare de rencontrer des étrangers à Changsha. Paradoxe de l’étranger en Chine qui, lorsqu’il croise un autre étranger, se comporte un peu lui-même comme un  chinois : « Oh ! Regarde un étranger ! »…L’allemande nous raconte que les affaires ne marchent pas trop bien, mais qu’elle a pu ouvrir sa boulangerie grâce à des subventions (elle travaille avec des personnes malentendantes). Après 9 ans passés en Chine, elle s’adresse à ses employées dans un chinois courant. Comme beaucoup de locaux, elle se plaint du climat de Changsha, difficilement supportable…

Nous terminons la journée par une virée musicale sur les quais. Armés du derbuka et de la clarinette, nous partons affronter la curiosité et les regards effarés. Il ne faut pas longtemps avant que se forme une petite foule autour de nous. On s’arrête de jouer mais on nous offre des cigarettes : « tu dois jouer maintenant ». Alors nous continuons…Puis un policier nous dit sèchement de nous mettre à un autre endroit parce que les gens marchent sur la pelouse pour venir nous voir jouer…C’est notre petite heure de gloire, mais on se sent aussi un peu comme des animaux…Observés, scrutés, questionnés, moqués…C’est une excellente expérience, que nous ne manquerons pas de reproduire dans les autres villes où nous irons. D’autant que derbuka et clarinette sont des instruments quasiment inconnus en Chine.

Enfin nous clôturons ce petit séjour par la visite du musée de la tombe de Mawangdui. Nous repartons le matin, aux aurores, pour 7 heures de bus, destination : Fenghuang.

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3 Commentaires

Classé dans Changsha

3 réponses à “Chronique de Changsha / A column about Changsha 长沙

  1. Dans 2 jours nous partons vers le Sud ! Pas ou peu d’internet. Vos posts vont nous manquer. Ils sont frais et savoureux ! Eric

  2. Nous vous avons suivi avec intérêt à Changsha et je suppose que vous découvrez maintenant la ville de Fenghuang après avoir visité le musée des tombes de Mawangdui. Fenfhuang et ses charmantes maisons sur pilotis au bord d’une large rivière… Nous attendons votre reportage avec impatience et sérénité. Bon voyage…

  3. Pingback: Les vidéos sont en ligne: cliquez pour voir la Chine animée! | Impressinica 对中国的印象

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