La magie du Cuihu gongyuan 淬湖 公园

Le Cuihu gongyuan 淬湖 公园 (parc du lac vert) est un des parcs les plus connus de Kunming. Il se compose de plusieurs îlots reliés par de petits ponts en pierre, les saules pleureurs se jouent du reflet des eaux et les étendues de nénuphars ravissent nos yeux avec leur doux contraste en rose et vert…

Dans cette dernière photo, on peut déjà apercevoir des personnes appartenant à l’ethnie Yi (彝族 Yizu). Ceux-ci se réunissent en effet au parc pour faire vivre leurs traditions…

Les Yi sont répandus principalement dans les provinces du Sichuan, du Guizhou et du Yunnan, ainsi que dans la région autonome zhuang du Guangxi. Leurs vêtements varient donc d’un climat à l’autre. A Kunming, ils arborent des habits noirs vivement rehaussés de broderies fleuries, de rubans et de pompons aux tons bigarrés. Leurs guitares sont octogonales, à 4 cordes et ne semblent pas posséder de caisse de résonance. Elles produisent d’ailleurs un son sec et nasillard et les mélodies sont faites de quelques accords répétés à un rythme soutenu et saccadé. Les danseurs et les musiciens tournent ensemble dans une large ronde, ils sautillent en esquissant des pas (qu’on pourrait rapprocher d’une sorte de french cancan).

On peut retrouver une guitare Yi au musée provincial du Yunnan, à Kunming. Elle n’est plus octogonale mais elle possède toujours deux dragons affrontés face au motif central, et un dragon sculpté terminant le manche, avec deux pompons sortant de ses narines.

Le parc, c’est aussi l’endroit où les amateurs de calligraphie viennent s’adonner à cet art noble respecté de tous. Munis d’un grand pinceau en mousse et d’un seau d’eau, ils dessinent les caractères chinois sur le sol. La beauté n’est pas seulement dans le geste et la grâce des traits, mais aussi dans l’éphémère…Il ne faut en effet que quelques secondes pour que tout cet art s’évapore…

Quelques mètres plus loin, un joueur de er’hu (二胡) et un joueur de suona (唢呐 petit hautbois de forme conique muni d’un pavillon, instrument à anche double, ce qui lui donne un son un peu nasillard. Il est utilisé pour l’accompagnement des opéras locaux mais c’est aussi un instrument très populaire qu’on retrouve fréquemment dans les lieux publics) se sont retrouvés autour d’un ampli. Ils ne sont pas professionnels et jouent visiblement pour s’entraîner. C’est ce qui fait aussi le charme du Cuihu gongyuan: les musiciens et les danseurs ne viennent pas pour l’argent, mais pour se faire plaisir. Ils se nourrissent du regard des autres, mais au fond ils sont là pour eux mêmes.

Une chanteuse, un er’hu 二胡 et un guitariste: 

Un petit orchestre s’est formé ici, où se mêlent instruments traditionnels chinois et instruments plus « exogènes », tel ce saxophone, joué par une chinoise musulmane…

Et la vidéo: 

Tous les dimanches on peut aussi retrouver ce petit cirque improvisé, où l’on chante en riant, où l’on danse en sautant, où l’on s’habille de tenues mi-traditionnelles mi-venues de nulle part…Vous pourrez par exemple distinguer une punk d’environ 80 ans…Et cela attire un public assez fourni de curieux en tous genres…

Et les vidéos:

Cet enfant ne doit pas avoir plus de 8 ans et il joue déjà des sonates en prestissimo…Son grand père l’a amené ici pour se donner en spectacle, mais le petit ne prête pas attention à la foule, il joue sans s’arrêter puis lâche soudainement le piano pour aller manger une glace…

Dans les vidéos ci-dessous : un petit orchestre réunissant des instruments traditionnels de la musique chinoise (dizi 笛子, er’hu 二胡, yangqin 扬琴) et des instruments occidentaux (hautbois, saxophone, piano):    

Enfin, et c’est peut être le clou du spectacle, une armée de djembés se retrouve tous les dimanches sous les bambous, au bord du lac. Notre Fidel reporter s’est bien sûr immiscé parmi ces djembéfola en herbe, afin de partager de plus près cette passion du rythme qui relie de si loin ces chinois à l’Afrique. Lors de ses premiers voyage en Chine, Fidel n’avait pas eu l’occasion de croiser des joueurs de djembé, mais il faut croire que des passions sont nées depuis, puisque l’on rencontre des joueurs de djembés de plus en plus fréquemment. L’apprentissage est encore assez empirique et expérimental, mais un chinois ira sans doute bientôt en Afrique chercher l’enseignement à sa source pour ensuite le transmettre en Chine.

Parmi les joueurs, on trouve de tous les âges et de tous les genres: hommes et femmes, jeunes, très jeunes (10 ans), mère de famille, etc. Enfin, on peut observer chez chacun d’eux une même soif d’apprendre, une très nette application. Les chinois peuvent étudier avec acharnement et ils aiment l’excellence : peut-être que, dans une dizaine d’années, certains virtuoses du djembé se nommeront Li ou Wang…?

Et la vidéo:

Pour souligner l’engouement des Chinois pour la percussion africaine et plus spécifiquement pour le tambour mandingue, autrement dit le djembé, il est à signaler qu’un groupe s’est constitué à Dali et que s’ils ajoutent une touche « personnelle » en y intégrant du didjeridoo, ils ont néanmoins opté pour une formation relativement traditionnelle africaine, soit 3 tambours dundun et des djembes accompagnateurs et solistes. Nous les avons vu sur scène à Kunming, au Camel Bar, où ils ont fait notre deuxième partie ^^

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2 Commentaires

Classé dans Kunming

2 réponses à “La magie du Cuihu gongyuan 淬湖 公园

  1. jsuis contente de voir Fifi sur une photo
    A quand la ptite bouille de Cécilounette?

  2. Pingback: Les vidéos sont en ligne: cliquez pour voir la Chine animée! | Impressinica 对中国的印象

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